Approfondir : Utiliser des modèles imbriqués pour une meilleure compréhension
La simulation à l'échelle continentale de Canada1Water comprend des modèles à plus haute résolution que des chercheurs comme l'hydrogéologue Melissa Bunn peuvent utiliser pour se concentrer sur des bassins hydrographiques spécifiques et répondre à des questions pratiques, grâce à un cadre intégré de données et de modélisation qui permet d'exécuter des modèles à haute résolution n'importe où dans le pays.
Q : Comment en êtes-vous venu à participer au projet Canada1Water ?
MELISSA BUNN : Une partie de mon travail consiste à réaliser des études d'impact sur les ressources en eau, en répondant à des questions telles que : "Si une exploitation minière creuse une mine à ciel ouvert à cet endroit, qu'arrivera-t-il aux ruisseaux et aux rivières avoisinants ?" Canada1Water permettra de répondre plus précisément à ces questions en intégrant les eaux souterraines, les eaux de surface, le pergélisol et le climat dans un seul et même modèle. Nous voulions tester le modèle pour un bassin versant localisé, nous avons donc choisi le canyon de Carcajou dans les Territoires du Nord-Ouest.
Q : Pourquoi le canyon de Carcajou était-il un bon cas d'école ?
"Vous pouvez fournir des données spécifiques à un site, mais utiliser Canada1Water pour les compléter et combler certains vides conceptuels, ce qui vous permet de faire moins d'hypothèses".
MELISSA BUNN : Il y a eu plusieurs facteurs. La région est relativement petite, environ 7 800 kilomètres carrés. Elle se trouve dans le Nord, et nous voulons vraiment mieux comprendre les impacts du changement climatique dans les régions de pergélisol. Il y a de plus en plus d'activités minières dans ces régions, c'est donc important. Nous voulions également travailler dans une région où le pergélisol est à la fois continu et discontinu, et où les eaux de surface sont bien mesurées. Carcajou répondait à toutes ces exigences.
Q : Qu'avez-vous trouvé jusqu'à présent ?
MELISSA BUNN : Nous avons exécuté le modèle et il y a une bonne correspondance avec le débit et la saisonnalité des eaux de surface dans HydroGeoSphere[2]. Ce qui est formidable, c'est que vous pouvez entrer des données spécifiques au site et utiliser Canada1Water pour les compléter et combler certaines lacunes conceptuelles, ce qui vous permet de faire moins d'hypothèses.
Q: Y a-t-il des choses inattendues que vous avez pu faire avec les données de Canada1Water ?
Melissa Bunn est chercheuse scientifique à la Commission géologique du Canada, avec une expérience dans la recherche sur les eaux souterraines et la modélisation numérique.
MELISSA BUNN : Nous avons pu l'utiliser pour générer un modèle imprimé en 3D du flux d'eau et du pergélisol à Carcajou. La modélisation des eaux souterraines peut être abstraite, et le fait d'avoir quelque chose que l'on peut tenir dans la main la rend réelle. Vous pouvez voir la topographie et le système dans le modèle imprimé en 3D. Je l'utilise dans les conversations et les présentations parce qu'il aide les gens à comprendre instantanément de quoi nous parlons.
Q : L'utilisation du modèle a-t-elle été bénéfique au projet Canada1Water ?
MELISSA BUNN : Les avantages vont dans les deux sens. Avec la modélisation des eaux souterraines, vous avez une question et vous devez choisir une échelle pour tenter d'y répondre. Cette échelle peut aller d'une zone de la taille d'un bac à sable d'arrière-cour à un bassin versant entier comme celui de Carcajou. Canada1Water nous donne une compréhension conceptuelle de l'écoulement régional des eaux souterraines, alors qu'autrement nous n'aurions que des hypothèses et quelques trous de forage. Cela nous permet de créer des modèles plus petits avec des informations plus détaillées localement sur les réseaux fluviaux et la géologie afin de pouvoir répondre à des questions plus spécifiques sur les effets du changement climatique.
Q : Y a-t-il encore des questions auxquelles vous espérez répondre avec Canada1Water ?
MELISSA BUNN : Bien sûr. Nous voulons savoir dans quelle mesure les résultats du modèle seront sensibles à nos hypothèses et vérifier la précision de la représentation du pergélisol dans le modèle. Pour la planification des ressources en eau à des échelles comme celle du canyon Carcajou ou plus petites, il manque généralement l'élément climatique, en particulier en ce qui concerne les eaux souterraines. L'intégration de cet élément dans Canada1Water est une excellente chose, tout comme les échéances du milieu et de la fin du siècle. Un outil comme Canad1Water sera d'une valeur inestimable pour la planification à long ou à court terme dans le Nord.
[2] HydroGeoSphere est la plateforme de modélisation hydrogéologique intégrée d'Aquanty et le moteur des simulations hydrologiques intégrées de Canada1Water.
UN BASSIN VERSANT À TENIR DANS LA MAIN L'équipe de Bunn a réalisé cette impression 3D du canyon de Carcajou à l'aide du modèle C1W. La section multicolore montre différentes conditions de pergélisol ; le bleu indique le flux d'eau au début de l'exécution du modèle (1981).